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DHEPS Sud - 2005 -
Oumar DIOP
Place des femmes dans la société sénégalaise actuelle.
Les nouvelles responsabilités des femmes d’Agnam Tongel dans le département de Podor.
De la tradition au modernisme le monde rural s’avère marquer de grands changements d’ordre socio-économique. D’où les sociétés obligées d’obéir à l’évolution et à s’y adapter présentent des caractéristiques différentes liées à l’exigence des temps vécus.
A cet effet, la femme rurale qui, malgré sa place socialement appréciable, a été autrefois sous-estimée pour des considérations fondées sur des règles autoritaires.
Ainsi, la sociologie d’hier était en quelque sorte différente de celle d’aujourd’hui ; car la femme qu’on traitait hier de dépendante de son mari, au foyer, semble aujourd’hui dépendre de ce dernier au regard de certains domaines. Même si tel n’est pas le cas, les efforts que les femmes d’Agnam Tonguel fournissent dans certains domaines donnent à réfléchir.
Cependant, cela ne signifie pas qu’elles servent de modèles vis-à-vis des autres femmes sénégalaises ou africaines, car chaque communauté a sa spécificité suivant ses pratiques et ses valeurs référentielles. Mais, dans leur dynamique de recherche-action, les femmes d’Agnam et celles d’ailleurs peuvent être perçues comme participantes au combat des acteurs pour le vamtaare. Au-delà de la procréation où la femme risque sa vie pendant l’accouchement, au-delà des activités domestiques où la préparation des repas est une préoccupation quotidienne ; au-delà de la gestion de la famille où l’éducation des enfants reste l’apanage de la femme ; les femmes d’Agnam, de la vallée et même de l’Afrique sont visibles aujourd’hui dans des dynamiques socio-économiques diverses où l’on ne voyait habituellement que les hommes. Par rapport à ce changement de mentalité, les femmes d’Agnam sont en train de développer beaucoup d’activités génératrices de revenus à travers des initiatives qu’elles ont mises en place afin de pouvoir contribuer aux affaires familiales. Par ailleurs, elles font non seulement du commerce et de l’élevage, mais aussi elles sont souvent aux côtés des hommes (leurs maris) pour les aider dans les travaux champêtres qui requièrent une main-d’oeuvre efficace. Sans les femmes, certaines activités, surtout agricoles, risqueraient de rester irréalisables selon plusieurs paysans de la vallée du fleuve. Ce qui nous a fait croire que le principe de mariage, que ce soit en régime monogame ou polygame est fortement influencé par un souci de création des conditions favorables à l’amélioration de la production. Les clubs de solidarité mises en place par les femmes d’Agnam expriment leur engagement dans les mouvements associatifs et aussi leur détermination dans le but d’intégrer le monde d’économie familiale à l’image de certaines femmes sénégalaises évoluant dans des groupements comme (GPF, GEC, MEC, EF, etc.). N’est-ce pas cette évolution qui stimule l’Etat Sénégalais à dégager beaucoup de fonds en vue d’appuyer les programmes spécialement élaborés par et pour les femmes ? En plus, même les bailleurs de fonds et, généralement, tous les partenaires au développement semblent avoir aujourd’hui plus de confiance dans les femmes. Aussi, le contexte socio-économique actuel confirme, par certains phénomènes, que la femme d’aujourd’hui, est culturellement différente de celle d’hier.
Thématiques:
genre Développement Sud
Mots-clé: Sénégal changement clubs de solidarité dynamique socio-économique femme modernité recherche-action économie familiale Tradition