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DHEPS - 2005 -
Michel LEFEVRE
L’exclusion liée à l’alcoolisme.
« Après l’alcool, se construire, se reconstruire pour mener le combat vers la liberté ».
Aîné d’une fratrie de trois enfants, fils de militant, j’ai pu dès mon plus jeune âge, par le métier de mon père, me rendre compte des conséquences souvent dramatiques que pouvaient engendrer l’alcoolisme. J’ai toujours été touché par la misère et la souffrance que cette consommation abusive d’alcool pouvait produire tant au niveau santé que familial et social. Mon intérêt pour les personnes présentant une dépendance est donc ancien bien que pendant de nombreuses années j’ai exercé de multiples métiers sans lien direct avec l’accompagnement des personnes dépendantes.
En effet, n’ayant pas eu la chance de suivre une scolarité normale, il m’a fallu me battre pour parvenir à exercer une fonction d’intervenant social, fonction que j'affectionne tout particulièrement.
Aujourd’hui je suis Directeur d’une association située dans l’Est de la France, près de la frontière Suisse. Cette association, Travail et Vie, créée en 1992, a pour but d’accueillir, d’aider et d’occuper les personnes Sans Domicile Fixe.
Cette activité me permet de côtoyer journellement des individus sans repère, en état de survie permanente, vivant au jour le jour et confrontées au monde très difficile et quelquefois même cruel d’aujourd’hui.
Fruit des inégalités sociales, de la précarité, de la pauvreté et de multiples ruptures familiales et sociales, l’exclusion, qui touche ces personnes induit stigmatisation et souffrance psychique. Il n’est pas facile d’y faire face. Malgré toutes les difficultés auxquelles ces personnes sont confrontées, certaines d’entre-elles continuent de croire en l’avenir. D’autres, par contre, sombrent dans la dépendance alcoolique. Ainsi, ce mémoire tente de cerner cette problématique de la dépendance dans ses liens avec l’exclusion dont sont victimes les Sans Domiciles Fixes. Les habitués de Travail et Vie exclus et souffrants de dépendance alcoolique suivent de nombreuses cures de désintoxication et des post-cures. Malgré les efforts parfois difficiles et toute leur bonne volonté, à leur sortie, elles ont bien du mal à leur trouver un logement. Les propriétaires sont de plus en plus méfiants et exigeants à leur égard. Le fonctionnement des Centres d’Hébergement et de Réadaptation Sociale ne semble pas non plus pouvoir répondre à leurs attentes.
Il me paraissait donc important de réfléchir sur l’aide que l’on peut apporter à des personnes sans domicile fixe, alcooliques, qui se sont fait soigner et qui désirent s’en sortir. Comment les accompagner pour qu’elles puissent vivre leur abstinence dans les meilleures conditions ?
La recherche théorique et l’enquête menée auprès des Sans Domicile Fixe de Travail et Vie, m’ont permis de confirmer qu’une approche bio-psycho-sociale, le développement d’un partenariat entre Travail et Vie et les acteurs de santé et une insertion par le logement grâce au dispositif des Maisons-relais pouvaient constituer des supports d’intervention adaptés à leurs besoins et à leurs attentes.
Thématiques:
TRAVAIL SOCIAL INSERTION
Mots-clé: accompagnement alcoolisme dépendance Exclusion